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Arabian Story   

  Rentabilité - Opportunité - Ephèmère ?

 

La fluctuation du marché du cheval décourage bien souvent les éleveurs qui,se voient contraints de renoncer à leurs projets face à des situations devenues parfois difficiles.                                                                                   Les ventes de Pur-sang Arabes ont connu des hauts et des bas qui ont permis à certains de gagner de coquettes sommes d'argent en produisant des sujets à la mode. L'offre étant faible et la demande constante, les ventes se concrétisaient sans difficulté majeure pour de fortes sommes.                                                                              

On peut classer les dernières péripéties financières de ce marché en trois étapes. La cigale et la fourmi

Il y eut tout d'abord l'époque faste où le moindre poulain et quelles que soient ses performances se monnayait fort bien et rapidement. Beaucoup crurent qu'un nouvel Eldorado était en train de naître. On a vu partir des poulinières contre plus d'un million de Francs en garantissant aux nouveaux acquéreurs qu'ils n'avaient qu'à devenir naisseurs à leur tour pour profiter pleinement de cette manne providentielle. On était bien loin des 4% de l'écureuil.

Si effectivement les premiers vendeurs furent les grands gagnants, il n'en a pas été de même pour les nouveaux propriétaires souvent plus qu'ignorants en la matière qui dépensèrent des sommes folles pour acquérir ces "juments" et les faire saillir par des étalons "dits" exceptionnels. La grande majorité de ces investisseurs ont vite déchanté persuadés d'avoir été manipulés, de voir leurs rêves brisés mais en plus contraints d'entretenir des animaux nécessitant quand même certains moyens.                                                                       Ceux qui persistèrent peuvent être classés en trois catégories.                                                             Les uns se contentèrent de suivre leur idée première produisant du pedigree avant tout. Usant et abusant de la consanguinité qui est la meilleure et la pire des choses, ils finirent par engendrer des produits aux tares importantes ou des photocopies si nombreuses que le cours du marché s'étiola rapidement.                          Les seconds suivirent les modes oubliant cette vérité qui est : "élever c'est prévoir". Ainsi, lorsque leurs poulains voyaient le jour, le champion d'hier était déjà tombé aux oubliettes et la progéniture aussi belle fusse t-elle atteignait difficilement le seuil de la simple rentabilité.                                                                       La troisième catégorie a été plus prudente. Ceux qui depuis longtemps ont établi un programme d'élevage. Mesuré, intelligent, apte à profiter d'un marché qui après tout n'est pas si mauvais et même parfois très bon et sachant ne pas succomber à la tentation des modes éphémères. Tous n'ont pas réussi dans leurs objectifs mais la majorité d'entre eux ont fait leurs frais, pris parfois un certain bénéfice tout en s'assurant une notoriété que nul ne peut désavouer, gagnant en outre le plaisir de faire bien naître et de rendre leurs clients heureux.                         Ces naisseurs ont su faire preuve de patience sachant que le cheval le plus idéal possible se crée à force de travail et de patience et loin d'une quête immédiate de profit. Les naisseurs des deux premières catégories sont-ils pour cela de mauvais éleveurs, mais ils n'ont pas su saisir les opportunités nécessaires à la bonne marche et au renouvellement de leurs effectifs.

Voilà pourquoi on propose des Pur-sang Arabes à des prix défiant toute concurrence. Une véritable marche en avant qui de toute façon un jour ou l'autre finira mal.D'ailleurs, nombreux sont les amateurs qui ont remarqué chez certains élevages parfois importants on trouve des sujets en fort mauvais état, donc peu vendables qui deviennent vite une source d'ennui pour leur propriétaire qui ne sait plus très bien comment se sortir de ce mauvais pas.

Pourtant, bien penser son élevage permet de minimiser les risques. Une poulinière de bonne lignée, en bon état, ni trop maigre ni trop grasse, bien faite, ouverte, avec de bons aplombs, des hanches larges, une belle petite tête expressive sans toutefois pousser à l'exagération en se souvenant que ce ne sont pas obligatoirement ses titres de championnes qui feront d'elle une bonne reproductrice (une petite enquête sur la production de sa mère et si possible de sa grand-mère n'est pas inutile). Étudier le bon mariage, deux champions pourront donner un produit tout à fait convenable ou quelconque. L'étalon se choisira en priorité suivant des critères de conformité plutôt que sur ses titres qui ne sont pas non plus à négliger.

Et surtout veiller à ce que ses élèves aient un caractère équilibré. Cela est primordial pour la tranquillité de l'éleveur mais aussi comme argument de vente.

Il ne reste plus qu'à souhaiter que la chance donne un petit coup de pouce pour que les choses se passent pour le mieux et que son sixième sens ne vous a pas trahi.

Comment gagner aux courses en étant propriétaire Voilà un rêve que plus d'un caresse en son fort intérieur. Posséder son écurie de course et voir ses couleurs triompher sur les hippodromes. Là aussi une aire de folie a régné il y a quelques années sur le Pur-sang Arabe de course. Une lignée a dominé régulièrement le tapis vert et permis à un microcosme de propriétaires bien rodés de gagner largement leur vie. Les ventes aux enchères de Saint-Cloud étaient une véritable rente pour certains éleveurs qui savaient que chaque année, ils allaient alourdir leur compte en banque de plusieurs centaines de milliers de Francs. Il était commun de voir partir lors de cette vente traditionnelle ou lors de marchés plus confidentiels des poulains ayant très peu couru ou même pas du tout pour 1 voir 2 millions de Francs. 

Les dirigeants des Émirats distribuaient généreusement leurs pétrodollars et il suffisait d'avoir un Manganate ou issu de Manganate dans son écurie pour être certain d'avoir touché le jackpot.

Mais là aussi tout a une fin.

Du jour au lendemain le robinet des "pétroles" a été considérablement réduit faisant brusquement chuté le marché. De belles ventes ont encore lieu mais elles sont moins fréquentes. Les Émirs sont devenus plus exigeants et le départ de l'écurie Maktoum de l'hippodrome d'Evry n'a sans doute pas contribué à réguler l'afflux de poulains sur le marché. Tout le monde voulait avoir sa part de gâteau. Beaucoup n'ont même pas eu de miettes. N'oublions pas non plus que les Emirats se sont mis à produire à leur tour avec les reproducteurs acquis chez nous. La aussi, les laborieux ont et vont maintenant récolter le fruit de leur travail. Les acheteurs sont devenus plus avisés et plus exigeants mais si l'élevage peut être un moyen de gagner de l'argent, être propriétaire de cheval de course tient plus du mécénat que de l'assurance d'un investissement confortable.                                                      Un cheval de course revient au minimum 80.000 F par an et lorsqu'on sait la modicité des primes proposées aux seuls gagnants de courses (et encore faut-il gagner...) on voit la difficulté qu'il y a de faire quitte en fin d'année.

Pour l'avoir pratiqué, il existe une mince solution. Bien connaître le monde des courses, repérer le cheval qui recueillera votre obole et se tourner vers Saint P.M.U. pour que celui-ci exauce vos voeux. Dans tous les cas vous serez gagnants puisque soit vous passerez à la caisse pour toucher vos gains (ça arrive), soit vous aurez contribué à agrandir l'escarcelle du trésor public qui vit largement de cette industrie des courses qu'il critique souvent mais en ponctionnant au maximum les parieurs et de ce fait les contribuables volontaires que nous sommes.

Un kilomètre à pieds ça use, ça use, un kilomètre à pieds ça use les sabots (air connu)   La dernière phobie des marchands de rêve: Produire un cheval d'endurance. Voilà une discipline qu'elle est bonne. On monte sur un cheval, on franchit coûte que coûte la ligne d'arrivée et voilà un émir qui remplit un chèque important. A nous la belle vie, les palaces et le champagne "made in américa" le vrai, le seul qui fait des bulles sans vous tourner la tête.

Autant boire de la badoit. Pendant quelques années les cavaliers d'endurance ont vraiment eu la tête à l'envers. Le plus célèbre des Emirates avait pris pour habitude de s'offrir des champions pour briller en endurance. A cela, rien à dire si ce n'est les spéculations occultes qui ont jalonné ces parcours vers la fortune. Tout le monde y a cru et l'endurance qui était une discipline saine et conviviale est vite devenue un marché spéculatif où tout un chacun pouvait décrocher le jackpot.

Fini l'amour des chevaux et de la participation sportive. Les lauriers de César avaient bien pâle figure en face des picaillons que chacun convoitait. Surtout que sur ce arrive un groupe d'individus se disant représentatifs de la discipline qui trouve là une manne inespérée.

On se réunit en petit comité, on établit des règles simples et on crée un marché avec les pays arabes qui nécessite un relationnel discret destiné à envoyer au septième ciel les privilégiés qui ont eu la bonne idée de diriger ce que l'on appelait jadis le CNREE. Il fallait collaborer à la fortune de gens bien placés pour espérer vendre. Bien évidement pour le public, on regrette le départ de nos chevaux français vers l'Orient mais on ne se gêne pas pour être intermédiaire et prendre au passage sa commission ou on achète sois même pour revendre quelques semaines plus tard avec une plus value   digne des meilleures affaires boursières.

Là aussi tout à une fin et même si le ménage n'est pas entièrement fait (quelques brebis galeuses sont encore passées à travers les mailles du filet) les choses commencent à s'assainir. Les choses sont en train de s'arranger et les représentants des E.A.U. pas aussi simplets que l'on a voulu le faire croire.                                          Le marché reprend sa vitesse de croisière avec la juste récompense pour certains d'un travail long et bien fait. Produire du cheval d'endurance, c'est difficile. Le parcours est sinueux et semé d'embûches. Il faut compter 5 années pour espérer voir l'un de ses produits évoluer dans cette discipline et bien plus pour être certain de tenir un vrai champion.

Même si l'on peut concevoir qu'un cheval d'endurance bénéficie du sang de ses ancêtres, il est tout aussi vrai que c'est l'entraînement et la qualité de ses soigneurs et cavaliers qui détermineront sa réussite en course. On ne peut que saluer le travail des éleveurs qui persistent en tentant de produire des chevaux de qualité et qui chaque jour, prennent des risques pour voir évoluer le "Pégase" du troisième millénaire. Ce qui est navrant c'est que souvent, ce sont des marchands qui profitent de l'aubaine en proposant une somme qui peut paraître intéressante à l'éleveur qui a besoin de faire tourner son élevage et qui apprendra que son élève vendu 80 ou 100.000 Francs s'est moyenné quatre ou cinq fois plus cher à l'autre bord de la Méditerranée. Difficile d'être honnête et malin...

Quoiqu'il en soit toute cette épopée arabesque a largement contribué à mener les éleveurs et les amateurs vers un flou artistique.

La côte d'un Pur-sang Arabe n'est toujours pas établie et ceux qui se sont offusqués lorsque nous avions déclaré que l'on ne pouvait pas trouver un bon cheval pour dix mille Francs (1.525 Euros, ce sera malheureusement bientôt de rigueur) ne vont pas être contents. Nous persistons et nous signons. Un bon cheval se paie.      Peut-être pas avec des chèques à 6 chiffres mais certainement avec une somme représentative de l'immense travail que nécessite l'élevage avec ses désillusions mais aussi ses joies.

Michel Barone

 

 

La balade du triste Sire

 

On parle beaucoup de la réforme des Haras Nationaux. Pour la majorité des éleveurs, cette vague de réforme est un changement comme un autre, destiné à remanier un systéme vieillissant qui doit se mettre au diapason de   nécessités nouvelles. Pourtant tout n'est pas si simple car cette chronique d'une mort annoncée peut nous amener à tous les dangers.

Que risque t-on en fait ? Le SIRE administre depuis des décennies les stud-book des Selle Français, des Anglo-Arabes et des Pur-sang Arabes. Quoi que l'on puisse dire, jusqu'à présent, si le système peut souffrir de quelques défauts, les choses sont faites dans les règles sans trop de soucis. Le projet est de confier les stud-book aux associations de races et de les laisser se "dépatouiller" avec une structure que rien ne permet aujourd'hui  de maîtriser est qui est véritablement suicidaire pour l'avenir de ces races Les exemples pleuvent chez nos voisins européens. Tous les autres sont dans un état lamentable. Double stud-book aux États-Unis et plus proche de nous querelles intestines au sein des associations européennes qui se disputent le droit de gérer ce qui fait l'essence même de la garantie de la lignée d'un cheval. La non connaissance des applications administratives mais surtout la valse des fausses déclarations sont monnaies courantes.

Que se passera t-il en France si le stud-book est confié à des gens sans scrupules qui se trouveraient maître d'un outil qui de toute évidence doit rester dans le service public. Les différentes réunions qui se déroulent actuellement pour explorer ce système montre déjà ses failles et même l'A.N.S.F. qui régit le Selle Français et qui était un farouche partisan de la maîtrise des stud-book par ses structures est en train de faire marche arrière.              Rien ne vaut le désintéressement d'une administration face à quelques privilégiés qui pourraient avoir la main mise sur l'avenir de vos élevages. Heureusement et grâce au G.C.A, une mobilisation se fait jour, la majorité des éleveurs de ce pays sont désormais convaincus du bien-fondé de ce nouveau combat. Il n'est pas ici question de déclarer une association plus digne qu'une autre pour gérer le stud-book..

Notre position et celle de nos amis est claire. Laissons l'État administrer ce qui est de son domaine. Cela ne veut pas dire que les associations de races n'ont pas leur mot à dire sur les programmes d'élevage ou la sélection, mais il est indispensable que personne ne vous dicte à vous éleveurs vos aspirations et vos désirs.                            A la limite, si vous vous trompez dans la conduite de vos lignées, c'est votre problème et cela est de votre responsabilité. Personne ne doit venir vous dire ce qu'il faut faire et ne pas faire. Vous pouvez prendre des avis de personnes compétentes, mais la décision vous appartient complètement et sans ambiguïté.                             La raison pour laquelle les anciennes associations ont vu leur aura s'effriter, c'est qu'elles ont voulu monopoliser, ordonner, décider à votre place.

Votre liberté d'éleveur est actuellement menacée. Les personnes qui ne se sentent pas concernées vont vite déchanter. Parce que si on laisse faire les choses bientôt, vous n'aurez plus que le pouvoir d'obéir à des gens qui peuvent être sans scrupule et qui n'auront qu'un objectif : vous voir disparaître pour mieux diriger le marché.

Votre mobilisation est à ce prix.