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La race en héritage

Les origines du Pur-sang Arabe sont mal connues et ce sujet a bien des controverses. Ce dont on est certain, ce sont ses attaches orientales et son ancienneté. Issu réellement du désert, le Cheval Arabe est déjà remarqué par Salomon et par les pharaons qui, soit dit en passant n'étaient pas des cavaliers mais n'utilisaient leurs montures qu'attelées.

L'Arabe du désert, que personne (sauf peut être Lady Wentworth) ne considère comme originaire de la presqu'île arabique, y a pourtant été créé en tant que race.

Vers la fin du 1er millénaire, sous la dynastie Abasside des Califes de Bagdad, elle était déjà bien établie. Elle avait déjà toutes ses caractéristiques et son homogénéité.Mille ans ou presque, de nomadisme dans le "grand désert", n'ont fait que stabiliser, affiner et affermir ces caractéristiques.

C'est cette race que les européens ont trouvé quand ils ont commencé à pénétrer le Moyen Orient. C'était à une époque où, en Occident, le cheval était un élément majeur de la civilisation (transport et guerre). Cette découverte a eu un impact considérable.                  Prince de tous les temps...

Pendant des millénaires, les chevaux Arabes ont subi une sélection naturelle extrêmement sévère avec des conditions de vie très rudes dans leur habitat.

Les Bédouins, vivant en tribus nomades, exigeaient de leurs coursiers vitesse et endurance lors des chasses et des guerres tribales. Plus tard, en vue de la sélection des géniteurs pour la production des montures pour les Guerres Saintes, le Prophète organisait des courses de plus de 10 km (pour chevaux entraînés). En mettant ainsi l'accent sur les qualités d'endurance des chevaux arabes. Cette sélection orientée et continue a aidé à stabiliser génétiquement les caractéristiques naturelles de ceux que l'on a appelé les "fils du vent" Mahomet en fin tacticien en fit un demi-dieu. Ne rapportait-il pas deux parts de butin à son cavalier lors des pillages et diverses attaques qui sévissaient à cette époque ? Pour la plupart d'entre nous, le désert ce n'est que des dunes de sable à perte de vue. Il faut d'abord considérer que le berceau de la race n'est pas que le désert.  Que le désert n'est pas non plus que des dunes de sable. La Péninsule arabique est aussi étendue que la moitié de l'Europe !

Elle compte de grands déserts de sable mais aussi de pierres, des grands plateaux couverts de steppes herbeuses ou semi-désertiques, mais elle a aussi des montagnes dont certains sommets sont enneigés.Elle a aussi des plaines fertiles et même des oasis paradisiaques. Si les températures sont souvent torrides, elles peuvent être aussi glaciales.

Les différences entre le jour et la nuit peuvent être énormes ! Le Simoun(vent de sable) peut se lever en quelques minutes et plaquer au sol tous les êtres vivants dans un déluge de sable opaque et brûlant. Mais toute la vie de la presqu'île est dépendante d'un élément primordial, "l'eau". Sa rareté ou son absence provoque la misère et même la mort. Sa présence est source de bien-être et même d'opulence.

Quiconque ne se rend pas compte que c'est entre les deux pôles de cette alternance que la civilisation du désert a vu le jour, ne peut comprendre ni la vie du Bédouin, ni celle de son cheval.

La nourriture rare n'a pas terni sa vigueur Comment dans ce milieu, le cheval est-il nourri ? Comme son maître, à la portion congrue. Un peu d'orge, en plus des maigres pâturages des steppes, de temps en temps, un petit bouquet de luzerne verte, ou du "bersim" parfois quelques dattes, souvent du lait de chamelle. Dans sa jeunesse, il est élevé par les femmes et les enfants.

Adulte, il vit à proximité de la tente, reste souvent sellé, parfois il est entravé. La promiscuité dans laquelle il vit avec les humains le rend familier et stimule son intelligence. Les mouches qui sont la hantise des occidentaux, forment son environnement permanent.

La plupart des Chevaux arabes de France proviennent de ceux importés par les "Missions d'achat au Moyen Orient" Celles-ci ont ramené des chevaux de valeur, mais aussi de très moyens..! Ces missions chargées d'acheter des "améliorateurs" avaient sans doute des objectifs différents selon les races de chevaux qui étaient visées. Vu sous l'angle du bel Arabe noble, on peut dire que le meilleur a côtoyé le médiocre. L'Afrique du Nord qui a été associée pendant un siècle et demi à la France métropolitaine, a eu des importations, dans ce sens, d'un niveau nettement supérieur.Et nous ne pouvons que regretter l'incohérence de la politique d'élevage de la France. Elle a changé presque aussi souvent que le gouvernement.Pensons qu'elle a eu la Syrie et le Liban sous tutelle de 1919 à 1944 ! Qu'à cette époque la Tunisie et le Maroc étaient sous son protectorat ! Que l'Algérie consistait en trois départements français. La Tunisie, malgré son climat méditerranéen était assez propice à l'élevage Arabe.Le Maroc, surtout dans l'intérieur avait des régions extrêmement favorables.Quant à l'Algérie, prolongée par les territoires du Sud, c'était la réplique des meilleurs endroits du Berceau de Race.De l'importance des lignées maternelles La plupart du temps, et contrairement aux idées reçues, ces guerriers des sables étaient des juments. Il est plus facile de s'approcher l'ennemi avec des femelles qu'avec des mâles fougueux qui n'auraient pas tarder à donner l'alerte en voulant marquer leur nouveau territoire.C'est pour cela que les bédouins cédaient rarement leurs juments. Les mâles pouvaient se monnayer (très cher) avec l'étranger mais pas les mères.On voit les premiers Pur-sang arabes en France lors de la fameuse bataille de Poitiers au VIIIe siècle.Ils ont été aussi les acteurs des croisades en donnant du fil à retordre aux chasseurs d'infidèles.

Le premier véritable défenseur de ce cheval fut Napoléon Bonaparte qui, du haut des pyramides était juché sur le symbole même de l'orient pour montrer sa puissance. Uniquement utilisé en croisement, l'empereur des français usa de toute son influence pour que le Prince du désert produise en race pure. Les mauvaises langues disent que la taille modeste de Napoléon aura été pour beaucoup dans le choix de l'empereur. Sur un petit cheval, il apparaissait encore plus grand. Avait-il besoin de ça ? Napoléon qui posséda 130 Pur-sang Arabe dont le célèbre Marengo qui prit le nom de la bataille gagnée par l'empereur en selle sur ce fier destrier.

A l'origine des races En France, rares ont été les étalons arabes autorisés à saillir en croisement. La politique de certains naisseurs à l'égard des haras Nationaux a modéré l'enthousiasme de l'État qui a donné peu d'agréments en race pure.

D'ailleurs, en vingt ans. Seuls 14 Pur-sang Arabes ont été autorisés à saillir en croisement toutes races (à ne pas confondre avec l'agrément loisir) au vue de leur indice sportif. Sur ces 14, Ils sont seulement 7 à avoir moins de 10 ans.

Pourtant ses aptitudes, ses multiples utilisations, son esthétisme, sa résistance, son endurance ont fait de lui un cheval peu utilisé pour ses capacités.

L'Arabe est élevé en race pure par des amateurs passionnés et trop peu utilisé dans le domaine sportif. Mais heureusement, les choses évoluent et l'ont voit de plus en plus de Pur-sang Arabes dans des compétitions de très haut niveau.

Il fait preuve d'aptitudes étonnantes en dressage et en saut d'obstacles. Il est très recherché pour l'équitation de loisir et pour les raids d'endurance où il excelle. Il dispose également, dans le Sud-ouest, d'un programme de courses très développé contrairement aux autres pays où il est essentiellement l'objet de démonstration ( shows ).

L'Arabe a joué et joue encore un rôle primordial dans l'amélioration de nos races de chevaux, aussi bien lourds dans le passé, que de sang encore aujourd'hui. Parmi ces derniers, l'Anglo-Arabe est le principal bénéficiaire de ses qualités. Les chevaux de selle et les poneys en tirent également d'immenses profits.

Trois étalons ont marqué l'entrée du Pur-sang Arabe en Europe avant de conquérir le monde entier.

Le premier avait pour nom Byerley Turk. C'était un superbe destrier importé de Turquie vers 1700. Il servit de cheval de guerre en Irlande et en Écosse,sous la selle du capitaine Byerley. Après avoir amplement mérité dans les combats, on lui confia quelques juments locales.

Darley Arabian, était vraiment magnifique. Né en 1705 dans le désert de Palmyre, il rejoignit l'écurie de M. Darley en Angleterre grâce à une bonne idée de son frère. Étalon mondain, on lui laissa donner peu de progéniture.

Godolphin Arabian. né en 1724, fut offert à Louis XIV par le Bey de Tunis.Cadeau royal qui fut accueilli avec bien peu d'égard puisque ce superbe cheval à la réputation flatteuse dans son pays fut confiné à tiré les tonneaux d'arrosage. Triste destin pour ce fier parmi les fiers qui eut la bonne idée de croiser l'anglais Croke qui lui fit rejoindre la Grande-Bretagne où il n'eut tout d'abord le droit que d'exercer ses talents de souffleur.Trop exotique, ses capacités étaient mises en doute par les éminents spécialistes de l'époque plus habitués aux imposants palefrois qu'aux fines et résistantes sculptures du désert.

En vingt ans, trois étalons retirés presque par hasard de leur milieu naturel allaient changer la génétique équine dont tout le monde bénéficie aujourd'hui.Alors, lorsque vous voyez un Général du Pommeau remporter le Prix d'Amérique au trot attelé ou encore l'un de ces poulains vendus à prix d'or aux ventes de Deauville, sachez que là-bas au fin fond du désert, un Pur-sang Arabe sourit heureux de voir l'un de ses descendants adulé par tous les amateurs de chevaux.

Animal, minérale et naturelle

Est-elle un ange ou un démon ?

La jument Pur-sang Arabe reflète pour le bédoin toute la valeur de son élevage et quand il chante les louanges de son compagnon, il n'oublie jamais cette femelle extraordinaire détentrice des secrets les plus profonds.Animal, minérale et surtout naturelle, c'est elle qui va apporter du fond de ses entrailles la vie et léguera à l'homme le fruit des générations passées.                                                                     Contrairement à ce qui se dit, ce sont les juments qui ont fait toute la notoriété du Pur-sang Arabe et si dans les mémoires on retient souvent les étalons puisque de ce fait plus productifs, on oublie bien souvent que ce sont les poulinières dont ils sont issus et celles qui lui ont été confiées qui ont tant fait pour leur notoriété.

Laissons le bédouin raconter sa jument.

Dans ces quelques phrases, il y a certainement beaucoup à apprendre et beaucoup à retenir.

Illustration : Arielle Lucas Lamagat

Sa jument a des yeux dont l'expression est celle d'une femme amoureuse,Sa démarche est digne de la plus belle des adolescentesSon poitrail est celui du lion,Ses flancs sont ceux de la gazelle

Endurcie à force de courses, elle boit littéralement le vent,

Trotte comme un loup,

Galope comme un renard.

Sa robe est un miroir,

Son poil aussi épais que les plumes de l'aile de l'aigle,

Son cou se balance librement tel celui de la gazelle,

L'effluve aromatique de sa peau rappelle la brise épicés des hauts plateaux

bénis du Nedjad,

Ses sabots sont durs comme la pierre, projettent comme elle des étincelles

et sont si larges qu'une souris pourrait y loger son nid,

Elle est douce comme l'agneau, mais sa colère est celle de la panthère si on

la frappe ou la contrarie,

Sa croupe est aussi ferme qu'une dune humide, de plus,

Ses narines s'ouvrent comme les pétales de roses,

Son dos est si puissant qu'on le dirait fait pour deux cavaliers,

Ses épaules se transforment en ailes dés qu'elle court,

Ses jambes sont fortes comme celles de l'autruche sauvage et musclée comme

celle du chameau,

Ses cils sont aussi longs que les barbes des épis d'orges,

Son front forme deux collines qui surplombent une large plaine,

Ses oreilles sont deux moitiés d'une pointe de lance.